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Les cancers

ETUDE

Une étude publiée en 1996 dans le American Journal of Clinical Nutrition a montré que les composés phénoliques du vin ont permis de retarder de 40 % l'apparition de tumeurs cancéreuses dans des souris, par rapport à des souris dont l'alimentation ne comportait pas ces composés. Selon l'équipe de chercheurs de l'Université de Californie à Davis, dirigée par Andrew Clifford, les souris ayant reçu des extraits solides de polyphénols dans leur alimentation présentaient des taux de catéchine - un composé phénolique majeur du vin dont les propriétés antioxydantes ont déjà été démontrées - nettement supérieurs à ceux des autres souris.

Alors que les recherches portant sur les maladies cardiovasculaires ont apporté des certitudes sur le rôle d'une consommation modérée d'alcool et de vin dans la prévention de ces maladies - conduisant même dans certains pays à une évolution des recommandations gouvernementales en matière de consommation - les études sur le cancer sont encore peu nombreuses. La complexité de cette maladie, les divers mécanismes provoquant les différentes formes de cancer, ne simplifient pas les recherches. Cependant, il semblerait, d'après les premières études expérimentales et épidémiologiques, qu'une consommation modérée de vin pourrait jouer un rôle dans la diminution du risque de certains cancers. De l'avis d'un certain nombre de chercheurs davantage d'études seront nécessaires pour adopter une position plus tranchée sur le lien entre le vin et le cancer, d'autant que l'on sait qu'une consommation excessive d'alcool augmente les risques. D'ores et déjà, les propriétés antioxydantes du vin sont citées comme étant l'une des hypothèses pouvant expliquer ce lien.
L'influence positive d'une consommation modérée de vin semble-t-elle aussi importante sur les cancers que sur les maladies cardio-vasculaires ,

"Il faudrait que notre étude soit menée ailleurs pour pouvoir l'affirmer. Néanmoins, notre étude, de même que celle du Dr Serge Renaud en France, ont montré que la diminution de la mortalité globale n'est pas uniquement due aux maladies cardio-vasculaires mais pourrait être expliquée également par les cancers. Il se peut même que la diminution la plus importante soit provoquée par des maladies autres que les maladies cardio-vasculaires".

Dr Morton Gronbaek
Que sait-on sur le lien entre le vin et le cancer ?
"Les recherches sur le lien entre le vin et le cancer sont récentes. Deux études menées aux Etats-Unis (lire ci-dessous et page 11) en marquent plus ou moins le début. Pour l'alcool en général, même une consommation modérée d'alcool n'apporte pas, à ma connaissance, d'effet protecteur contre le cancer. On sait, par ailleurs, qu'une consommation excessive d'alcool entraîne des effets néfastes. En ce qui concerne le vin, il existe encore peu d'études épidémiologiques qui font la distinction entre les différents types de boissons alcooliques, puisque seuls les chercheurs qui croient au vin opèrent cette distinction ! Néanmoins, en 1988 une étude sur les cancers de l'œsophage a montré une protection pour le vin. L'étude du Dr Gronbaek cette année a également montré une supériorité pour le vin, et quelques autres études vont dans le même sens.

Même si le nombre d'études consacrées spécifiquement au lien entre le vin et le cancer reste encore relativement faible, on peut faire un rapprochement avec celles consacrées au thé. En effet, grâce aux recherches menées notamment au Japon et en Chine, les effets anti-cancer des polyphénols du thé, qui sont assez proches de ceux du vin, sont bien documentés".

Dr Jean-Claude Ruf

L'équipe de chercheurs danois dirigée par le Docteur Morten Gronbaek a étudié un ensemble de maladies afin d'examiner l'association entre celles-ci et la consommation de trois types de boissons alcoolisées. Parmi ces maladies figurent celle qui sont les plus souvent associées avec l'alcool, à savoir les cancers de la bouche et du tube digestif supérieur. Les résultats, publiés en septembre 1998 dans le British Medical Journal, ont confirmé que le risque de cancer augmentait de façon considérable lorsqu'il s'agissait de la consommation globale d'alcool, mais non dans le cas du vin. "Dans un schéma comprenant les trois types de boissons alcoolisées, la consommation de vin avait tendance à réduire le risque de cancer du tube digestif supérieur, alors que la consommation de bière et de spiritueux augmentait le risque de manière significative". Par rapport aux abstinents dont le risque relatif était de 1,0 ceux qui consommaient entre 7-21 verres par semaine de bière ou de spiritueux, mais pas de vin, présentait un risque relatif de 3,0. En revanche, ceux dont le consommation d'alcool comportait au moins 30 % de vin présentait un risque relatif de 0,5.
A quoi les chercheurs danois attribuent-ils le risque moindre associé à une consommation modérée de vin ? "Nos conclusions sur la relation entre le vin et le cancer du tube digestif supérieur sont fortement corroborées par des études expérimentales qui montrent que le resvératrol (lire page 11), un des composés anticancer présents dans le vin, inhibe la genèse, la promotion et la progression des tumeurs".
 
Cette étude a été traduite en français.

Votre étude de Nancy a montré qu'une consommation modérée de vin peut protéger contre le cancer. Comment expliquez-vous un tel effet ?

"Dans mon étude, qui a porté au total sur 80 000 personnes, j'ai cité le resvératrol, qui la première substance phénolique reconnue comme ayant les effets les plus exceptionnels sur les trois principales étapes dans la carcinogenèse. Par conséquent, on peut imaginer que le resvératrol est une des substances qui joue un rôle, mais il est probable que parmi les 4000 substances contenues dans le vin, beaucoup de polyphénols ont des effets un peu semblables.

Dr Serge Renaud




Autres pistes...

On attribue de plus en plus au vin des bienfaits sur des maladies en apparence très différentes - hernie discale, ostéoporose, calculs rénaux...

Est-ce crédible ?
"Je pense que cette multiplication d'études montre qu'à partir des premières recherches sur les maladies cardiovasculaires, les scientifiques se sont interrogés sur les éventuels bienfaits
du vin sur d'autres maladies, notamment du fait de ses propriétés antioxyddantes. On savait déjà que les antioxydants jouaient un rôle dans différentes maladies, que ce soient les cancers, les maladies neurologiques ou encore le vieillissement.

Il était donc normal d'explorer ces domaines-là. Une fois que l'élan a été lancé par le cardiovasculaire, les recherches sont parties tous azimuts. Il me semble que la multiplication des recherches constitue une dymanique que cela renforce le message".

Dr Herve Robert

Peut-il y avoir un lien entre le vin et le diabète ?

"Certaines études ont montré que le vin potentialise l'effet insulinique. Le diabète résulte d'une mauvaise réponse des cellules à l'insuline et le vin pourrait permettre de senbiliser les cellules à l'insuline. Quelques rapports ont apporté des présomptions d'effets positifs, qui méritent une confirmation à l'avenir,mais il s'agit là d'une tendance actuelle".

Dr J.-C. Ruf




Etudes

 Diminution du risque de formation de calculs rénaux chez la femme
En 1998, une équipe de l'Ecole de santé publique de Harvard de l'Hôpital de Boston a publié une étude montrant une diminution du risque de formation de calculs rénaux chez la femme avec une consommation modérée de vin. S'il est connu qu'une augmentation générale du liquide consommé est inversement liée avec le risque de formation de calculs rénaux chez la femme, la consommation de certains types de boissons, dont le vin, peut avoir un effet spécifique. Pour l'Office international de la vigne et du vin, l'explication peut résider dans le fait que le vin, par l'alcool qu'il contient, peut inhiber la sécrétion d'hormones antidiurétiques qui conduit, d'une part à une augmentation du débit urinaire, et d'autre part à une diminution de la concentration urinaire, ces deux paramètres étant inversement liés à la formation de calculs rénaux.
 
Vin et hernies discales
Une étude danoise publiée en 1998 dans la revue European Spine Journal a montré que, deux ans et demi après avoir été opérés d'une hernie discale, les consommateurs modérés de vin se remettent beaucoup mieux que les non consommateurs, dans un rapport de 1 à 4. Pour les auteurs, l'explication pourrait résider dans un lien entre la dégénération des disques lombaires et l'athérosclérose de l'aorte abdominale. Certains oomposés biologiquement actifs du vin vis-à-vis de l'athérosclérose pourraient donc agir pour assurer un meilleur apport du sang aux disques intervertébraux.
 

Les nombreuses études consacrées aux effets d'une consommation modérée d'alcool et de vin sur la santé ont mis en évidence une multitude de propriétés bénéfiques : protection vasculaire, facteurs anticancer, facteurs anti-histaminiques, agents antiviraux et anti- inflammatoires, protection contre les radiations ionisantes, protection solaire, capteurs de radicaux libres...
Cette pléthore de propriétés biologiques pourrait soulever des interrogations quant à la validité de ces conclusions, mais selon le professeur Jack Masquelier, pionnier dans le domaine du 'vin et santé', "toute l'activité physiologique de ces substances" tient en deux caractères essentiels dont les retombées sur l'organisme sont innombrables : l'affinité pour les protéines et l'effet antioxydant". L'affinité pour les protéines entraîne, entre autres, un renforcement du collagène, et donc des parois vasculaires. Les conséquences biologiques de l'effet antioxydant portent sur la protection des vitamines C et E et des acides gras polyinsaturés, tandis que l'effet 'capteur de radicaux libres' permet d'inhiber la lipoperoxydation et de protéger les membranes cellunaires, le tissu conjonctif, le tissu nerveux et l'ADN.
 
"Les travaux du professeur Masquelier ont mis en évidence il y a plus de quarante ans les catéchines dans le vin et leurs formes faiblement polymérisées, les oligomères procyanidoliques (OPC).