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Dès
1970, dans son étude "des sept
pays", l'épidémiologiste
américain Ancel Keys a montré que
les personnes habitant dans les régions
méditerranéennes présentaient
l'un des plus faibles taux de maladie
et l'une des plus grandes espérances
de vie du monde. Depuis, cette étude
a été
confirmée par de nombreux travaux de
recherches et aujourd'hui certaines recherches
avancent la théorie selon laquelle
les antioxydants contenus dans l'alimentation
méditerranéenne expliqueraient,
du moins en partie, les bienfaits de ce modèle
alimentaire, composé de fruits et légumes
frais, de céréales, de fruits
et légumes secs, d'un faible apport
en graisses saturées d'origine animale,
d'huile d'olive, et d'une consommation modérée
de vin. L'une des hypothèses avancées
actuellement suggère que le vin pourrait
potentialiser les polyphénols et vitamines
contenus dans ces aliments et en permettre
une meilleure absorption, ce qui confirmerait
qu'il s'agit d'un ensemble complémentaire,
dans lequel le vin a toute sa place.
Quelle
est l'importance du
mode de consommation ?
"Une
consommation irrégulière
n'apporte aucun effet
bénéfique.
Il faut privilégier
une consommation modérée
et quotidienne".
Dr
Morten Gronbaek
"L'essentiel
est de consommer de façon régulière
et modérée. En l'absence
de régularité
et de modération, les effets n'existent
pas ou peuvent même s'avérer
contraires. L'augmentation de sa consommation
n'entraînera pas des bénéfices
supplémentaires pour la santé.
Les effets pour la santé
sont certainement meilleurs lorsque le vin
est consommé
pendant les repas, non seulement parce que
l'alcool est assimilé plus lentement,
mais aussi parce qu'il existe peut-être
des polyphénols dans l'alimentation
qui sont solubilisés de cette façon.
Même si on manque encore de recul
et de preuves scientifiques sur cet aspect,
il est difficile d'imaginer que consommer
du vin en dehors du repas puisse apporter
un bénéfice
égal à une consommation pendant
le repas, tout en sachant que l'on peut
faire des exceptions. Consommer du vin pendant
le repas permet peut-être de mieux
protéger de l'oxydation les graisses
que l'on absorbe, grâce à la
présence des polyphénols qui
sont des antioxydants".
Dr
Pierre-Louis Teissedre
Quelle
est l'importance d'une
consommation de vin pendant
les repas ?
"La
consommation de vin
pendant les repas constitue
un élément
bénéfique
par rapport à une
consommation en dehors
des repas, en raison
d'une assimilation
entre aliments et alcool.
Au niveau de l'estomac
et de l'intestin, l'absorption
de l'alcool se fait
plus lentement et plus
efficacement que lorsque
l'alcool est consommé hors
repas."
Dr
Jean-Claude Ruf

INTERVIEW
Quelle
est l'importance
du vin dans
le cadre d'un
régime
alimentaire
?
En
dehors du régime
méditerranéen,
si on regarde par
exemple l'étude
menée dans
l'Est de la France,
on constate que
par rapport à ceux
qui ne boivent
pas de vin, ceux
qui boivent deux à trois
verres de vin,
bénéficient
d'une réduction
de la mortalité toutes
causes de plus
de 30 %. On peut
alors imaginer
que le vin a un
rôle de protection
de la santé
d'environ 30
%, alors que
le régime
méditerranéen
- à en
juger par l'étude
que nous avons
menée à Lyon
- conduit à
une réduction
de 70 % de la
mortalité
toutes causes
par rapport à un
régime
ordinaire.
Le
régime méditerranéen
est-il transposable
à d'autres
régions ?
Oui,
tout
à fait.
C'est ce qu'a
montré
notre étude
de Lyon, qui était
une étude
d'intervention
chez les coronariens.
Cette étude
portait sur 600
patients, dont
un groupe de
300 personnes
qui suivaient
le régime
méditerranéen.
Par rapport au
régime
alimentaire habituellement
prescrit par
les cardiologues,
nous avons constaté une
réduction
de 70 % de la
mortalité toutes
causes et plus
encore pour les
accidents coronariens.
Notre étude
a donc été
la première à démontrer
que le régime
méditerranéen
est transposable.
Dr
Serge Renaud
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| "L'alimentation
provençale",
un concept auquel
réflechit
le Dr Jean FERAUD,
président
du COREVI (Conseillé ici
par le Pr Medvédowsky et
le directeur du CEVISE)
pour le cas où
les actions de "large
communication"
sur le vin et santé ne
serait pas relayées
au niveau national,
malgré les résultats
déjà obtenus
au niveau de la communication
des Français
(+ 5% depuis juin 1997) |
"On assiste à
une certaine tendance, notamment chez les jeunes,
à abandonner ces traditions pour adopter
celles qui viennent d'outre-Atlantique. Or,
ces habitudes alimentaires sont déjà critiquées
dans leur pays d'origine et sont responsables
de problèmes comme l'obésité.
Un travail d'information est donc nécessaire.
Je pense que leurs effets négatifs en
termes de santé ne sont pas encore apparents
en France, parce que, selon les chiffres du
Haut Comité de la Santé, la situation
ne s'aggrave pas : depuis 1991, on a observé une
diminution de 10 % de la mortalité
cardiovasculaire, dont nous sommes encore dans
une phase favorable. Cependant, avec l'abandon
progressif des traditions alimentaires françaises,
je crains que d'ici une dizaine d'années
la tendance s'inverse".
Pr
Jean-Louis Medvedowsky
"Que
ta nourriture soit
ta première
médecine", Hippocrate.
Quel
est l'apport
nutritif
du vin ?
"Le
vin contient
essentiellement
de l'eau, à
hauteur de
85 %. Viennent
ensuite l'éthanol,
le glycérol
puis différents
acides - tartrique,
malique, lactique
- qui permettront à un
moment donné
la perception
de la saveur
et facilitent
la conservation
des molécules
phénoliques.
Les polyphénols
représentent
jusqu'à 5
g par litre.
Le vin contient
également
de nombreux
minéraux
: du potassium
(2,5 g/litre),
du calcium
(60 mg/litre),
du magnésium
(60 MG) un
peu de fer
et de cuivre,
du zinc, cobalt,
nickel, silicium,
sélénium,
etc. Ce sont
des petits éléments
nécessaires à la
production
de réactions
au niveau du
corps. Sans
ces éléments,
la multiplication
cellulaire
et un certain
nombre de réactions
métaboliques
auraient beaucoup
de mal à se
produire. Par
ses constituants
minéraux,
le vin participe à
la possibilité de
produire des
réactions
au niveau de
la cellule,
comme d'autres
aliments. La
fraction minérale
peut représenter
jusqu'à 5
g par litre,
ce qui est
important,
avec des éléments
majeurs, mineurs
ou des traces.
On en a besoin
dans la vie
de tous les
jours. Il y
a donc un apport
non négligeable
sur le plan
nutritif"
Dr
P.-L. Teissedre
|
"Si
l'on examine l'alimentation
des peuples
dont tous envient la
longévité et la
bonne santé, on
est frappé,
au-delà des
divergences culinaires,
par les
similitudes qui unissent
leurs traditions, comme
s'ils obéissaient à un
modèle commun.
Force est de constater qu'il
existe
des aliments "supérieurs", en
termes de nutrition, des
aliments que
l'on peut qualifier de
mythiques et
qui
constituent
la
base
de
tout
régime alimentaire
sain. Ce sont le pain et
les céréales,
l'huile d'olive, le vin, les
fruits et légumes,
l'ail et l'oignon, le
poisson, les laitages,
le miel, les noix, les
grains et les autres fruits à coque et
certains aromates".
Josette
Rousselet-Blanc, Anne
Lavédrine
"Les
aliments mythiques qui font
les
centenaires", chez Michel Lafon.
Le
vin fait-il grossir ?
"Sur
le plan calorique, il
semblerait que, lorsque
le vin représente
plus de 20 % de l'apport
calorique total, ce soient
des calories utilisables
de façon non efficace
et qui n'induisent donc
pas l'obésité.
Il faut, en réalité,
faire la distinction
entre des calories apportées
par le vin en plus de
l'alimentation et celles
qui se substituent
à des calories apportées
par l'alimentation. Dans
ce cas-là, et même
pour des consommations
inférieures à 5
% de l'apport, celui n'induit
pas d'obésité et
peut même entraîner
une diminution du poids
corporel. Pour résumer,
la grande majorité des
études montrent
que pour des consommations
modérées
de vin, il n'y a pas d'augmentation
du poids corporel. Les
mécanismes de ces
observations sont encore
assez mal connus. C'est
ce qu'essayent de déterminer
des recherches actuelles.
On ne connaît pas
la raison pour laquelle
ces calories ne sont pas
utilisables, une observation
qui est d'autant plus surprenante
que l'éthanol représentent
le nutriment le plus calorique
par rapport au sucre, aux
protéines ou aux
graisses".
Dr
J.-C. Ruf
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