Accueil1 OCM1

ACTUALITES
    Articles : 1502

ETUDES
    Maladies du coeur : 9
    Vin et cancer : 12
    Autres études : 9
    Réf. études : 31

DOSSIERS

INTERVIEWS

CHARTE

DOCUMENTATION

CONTACT
<< / >>

Le vin et l'alimentation

Dès 1970, dans son étude "des sept pays", l'épidémiologiste américain Ancel Keys a montré que les personnes habitant dans les régions méditerranéennes présentaient l'un des plus faibles taux de maladie et l'une des plus grandes espérances de vie du monde. Depuis, cette étude a été confirmée par de nombreux travaux de recherches et aujourd'hui certaines recherches avancent la théorie selon laquelle les antioxydants contenus dans l'alimentation méditerranéenne expliqueraient, du moins en partie, les bienfaits de ce modèle alimentaire, composé de fruits et légumes frais, de céréales, de fruits et légumes secs, d'un faible apport en graisses saturées d'origine animale, d'huile d'olive, et d'une consommation modérée de vin. L'une des hypothèses avancées actuellement suggère que le vin pourrait potentialiser les polyphénols et vitamines contenus dans ces aliments et en permettre une meilleure absorption, ce qui confirmerait qu'il s'agit d'un ensemble complémentaire, dans lequel le vin a toute sa place.


Quelle est l'importance du mode de consommation ?
"Une consommation irrégulière n'apporte aucun effet bénéfique. Il faut privilégier une consommation modérée et quotidienne".

Dr Morten Gronbaek  

"L'essentiel est de consommer de façon régulière et modérée. En l'absence de régularité et de modération, les effets n'existent pas ou peuvent même s'avérer contraires. L'augmentation de sa consommation n'entraînera pas des bénéfices supplémentaires pour la santé. Les effets pour la santé sont certainement meilleurs lorsque le vin est consommé pendant les repas, non seulement parce que l'alcool est assimilé plus lentement, mais aussi parce qu'il existe peut-être des polyphénols dans l'alimentation qui sont solubilisés de cette façon. Même si on manque encore de recul et de preuves scientifiques sur cet aspect, il est difficile d'imaginer que consommer du vin en dehors du repas puisse apporter un bénéfice égal à une consommation pendant le repas, tout en sachant que l'on peut faire des exceptions. Consommer du vin pendant le repas permet peut-être de mieux protéger de l'oxydation les graisses que l'on absorbe, grâce à la présence des polyphénols qui sont des antioxydants".

Dr Pierre-Louis Teissedre


Quelle est l'importance d'une consommation de vin pendant les repas ?  

"La consommation de vin pendant les repas constitue un élément bénéfique par rapport à une consommation en dehors des repas, en raison d'une assimilation entre aliments et alcool. Au niveau de l'estomac et de l'intestin, l'absorption de l'alcool se fait plus lentement et plus efficacement que lorsque l'alcool est consommé hors repas."

Dr Jean-Claude Ruf

INTERVIEW

Quelle est l'importance du vin dans le cadre d'un régime alimentaire ?
En dehors du régime méditerranéen, si on regarde par exemple l'étude menée dans l'Est de la France, on constate que par rapport à ceux qui ne boivent pas de vin, ceux qui boivent deux à trois verres de vin, bénéficient d'une réduction de la mortalité toutes causes de plus de 30 %. On peut alors imaginer que le vin a un rôle de protection de la santé d'environ 30 %, alors que le régime méditerranéen - à en juger par l'étude que nous avons menée à Lyon - conduit à une réduction de 70 % de la mortalité toutes causes par rapport à un régime ordinaire.

Le régime méditerranéen est-il transposable à d'autres régions ?

Oui, tout à fait. C'est ce qu'a montré notre étude de Lyon, qui était une étude d'intervention chez les coronariens. Cette étude portait sur 600 patients, dont un groupe de 300 personnes qui suivaient le régime méditerranéen. Par rapport au régime alimentaire habituellement prescrit par les cardiologues, nous avons constaté une réduction de 70 % de la mortalité toutes causes et plus encore pour les accidents coronariens. Notre étude a donc été la première à démontrer que le régime méditerranéen est transposable.

Dr Serge Renaud

"L'alimentation provençale", un concept auquel réflechit le Dr Jean FERAUD, président du COREVI (Conseillé ici par le Pr Medvédowsky et le directeur du CEVISE) pour le cas où les actions de "large communication" sur le vin et santé ne serait pas relayées au niveau national, malgré les résultats déjà obtenus au niveau de la communication des Français (+ 5% depuis juin 1997)

"On assiste à une certaine tendance, notamment chez les jeunes, à abandonner ces traditions pour adopter celles qui viennent d'outre-Atlantique. Or, ces habitudes alimentaires sont déjà critiquées dans leur pays d'origine et sont responsables de problèmes comme l'obésité. Un travail d'information est donc nécessaire. Je pense que leurs effets négatifs en termes de santé ne sont pas encore apparents en France, parce que, selon les chiffres du Haut Comité de la Santé, la situation ne s'aggrave pas : depuis 1991, on a observé une diminution de 10 % de la mortalité cardiovasculaire, dont nous sommes encore dans une phase favorable. Cependant, avec l'abandon progressif des traditions alimentaires françaises, je crains que d'ici une dizaine d'années la tendance s'inverse".

Pr Jean-Louis Medvedowsky
  
"Que ta nourriture soit ta première médecine", Hippocrate.
   
Quel est l'apport nutritif du vin ?

"Le vin contient essentiellement de l'eau, à hauteur de 85 %. Viennent ensuite l'éthanol, le glycérol puis différents acides - tartrique, malique, lactique - qui permettront à un moment donné la perception de la saveur et facilitent la conservation des molécules phénoliques. Les polyphénols représentent jusqu'à 5 g par litre. Le vin contient également de nombreux minéraux : du potassium (2,5 g/litre), du calcium (60 mg/litre), du magnésium (60 MG) un peu de fer et de cuivre, du zinc, cobalt, nickel, silicium, sélénium, etc. Ce sont des petits éléments nécessaires à la production de réactions au niveau du corps. Sans ces éléments, la multiplication cellulaire et un certain nombre de réactions métaboliques auraient beaucoup de mal à se produire. Par ses constituants minéraux, le vin participe à la possibilité de produire des réactions au niveau de la cellule, comme d'autres aliments. La fraction minérale peut représenter jusqu'à 5 g par litre, ce qui est important, avec des éléments majeurs, mineurs ou des traces. On en a besoin dans la vie de tous les jours. Il y a donc un apport non négligeable sur le plan nutritif"

Dr P.-L. Teissedre
"Si l'on examine l'alimentation des peuples dont tous envient la longévité et la bonne santé, on est frappé, au-delà des divergences culinaires, par les similitudes qui unissent leurs traditions, comme s'ils obéissaient à un modèle commun. Force est de constater qu'il existe des aliments "supérieurs", en termes de nutrition, des aliments que l'on peut qualifier de mythiques et qui constituent la base de tout régime alimentaire sain. Ce sont le pain et les céréales, l'huile d'olive, le vin, les fruits et légumes, l'ail et l'oignon, le poisson, les laitages, le miel, les noix, les grains et les autres fruits à coque et certains aromates".
 
Josette Rousselet-Blanc, Anne Lavédrine
"Les aliments mythiques qui font
les centenaires", chez Michel Lafon.
 

Le vin fait-il grossir ?
 
"Sur le plan calorique, il semblerait que, lorsque le vin représente plus de 20 % de l'apport calorique total, ce soient des calories utilisables de façon non efficace et qui n'induisent donc pas l'obésité. Il faut, en réalité, faire la distinction entre des calories apportées par le vin en plus de l'alimentation et celles qui se substituent à des calories apportées par l'alimentation. Dans ce cas-là, et même pour des consommations inférieures à 5 % de l'apport, celui n'induit pas d'obésité et peut même entraîner une diminution du poids corporel. Pour résumer, la grande majorité des études montrent que pour des consommations modérées de vin, il n'y a pas d'augmentation du poids corporel. Les mécanismes de ces observations sont encore assez mal connus. C'est ce qu'essayent de déterminer des recherches actuelles. On ne connaît pas la raison pour laquelle ces calories ne sont pas utilisables, une observation qui est d'autant plus surprenante que l'éthanol représentent le nutriment le plus calorique par rapport au sucre, aux protéines ou aux graisses".
Dr J.-C. Ruf



Douze scientifiques / Les maladies cardiovasculaires / L'action antioxydante / Les cancers /
L'espérance de vie / La grande famille des polyphénols / Que boire ? / Le vin et l'alimentation /
Le vin, un produit sain / Quelle diffusion des résultats ? /