ACTUALITES
  
Articles : 1012
ETUDES
  
Maladies du coeur : 9
  
Vin et cancer : 12
  
Autres études : 9
  
Réf. études : 31
INTERVIEWS
CHARTE
CONTACT
<< / >>

Le vin, un produit sain

Les sondages d'opinion comme l'intérêt des médias pour les informations sur les effets bénéfiques d'une consommation modérée de vin sur la santé témoignent d'un changement des mentalités. Cependant, cette nouvelle attitude du public, de plus en plus réceptif à ces informations, s'accompagne
d'une plus grande sensibilité à l'ensemble des questions concernant
la sécurité alimentaire et notamment la présence éventuelle de contaminants.  

"Le vin est la plus saine et la plus hygiénique des boissons". Louis Pasteur
 

INTERVIEW

Magali Grinbaum

La nature des produits phytosanitaires évolue-t-elle ?
La tendance va vers l'utilisation de produits phytosanitaires de moins en moins nocifs. Les doses sont plus faibles, la toxicité pour les sols est bien moindre qu'avant, et les nouveaux produits se dégradent beaucoup plus rapidement qu'autrefois. Tout le monde est conscient que nous sommes arrivés à un point maximum de traitement, et que nous allons désormais vers une diminution. Certains produits utilisés par le passé - comme le DDT - ne pourrait plus être homologués à notre époque.

Quel est le parcours d'homologation d'un produit phytosanitaire ?
Entre le moment où la matière active est testée en laboratoire et le moment où le produit est homologué, il faut compter environ 10 à 15 années. Des essais de toxicité en laboratoire sur les animaux servent à montrer avec quelle dose l'animal le plus sensible ne réagit pas ; c'est la dose sans effet. A partir de cette dose on extrapole à l'homme, en appliquant un facteur allant jusqu'à 500 ou 1 000 en fonction de la toxicité de la matière active. On obtient alors une dose journalière acceptable (DJA), qui représente la dose que peut ingérer un homme pendant toute sa vie sans qu'il y ait d'effet nocif de cette matière active sur son métabolisme. A partir de cette DJA, on fixe des limites maximales de résidus, et on effectue des essais sur le terrain qui permettent de définir des dates limites d'utilisation pour éviter de dépasser la DJA. La limite maximale de résidus se situe en général bien en dessous de la DJA, ce qui apporte un facteur de sécurité supplémentaire. La DJA est calculée par matière active, et la directive européenne tient compte non seulement du cumul des doses pour chaque matière mais aussi pour chaque production ; un produit homologué pour la pomme, par exemple, devra l'être aussi pour le raisin. On prend en compte le cumul des limites maximales de résidus (LMR) - qui doit être inférieur à la DJA - pour prévoir d'éventuels cas extrêmes où une personne consommerait des quantités importantes de chaque production contenant les mêmes résidus. Tous les essais doivent s'effectuer selon les Bonnes pratiques de laboratoire, qui constituent une obligation internationale.
   

Retrouve-t-on des résidus de traitements dans le vin ?
Au vu de nos résultats, je ne pense pas qu'il y ait des résidus dans le vin qui soient toxiques. Nous avons la chance d'obtenir un produit qui élimine beaucoup de choses et même quand on trouve des résidus, les teneurs sont dix voire cent fois inférieures aux LMR pour le raisin. Il n'y a donc pas de risque de toxicité pour le consommateur. Certains produits sont totalement absents du vin. La plupart des pesticides sont souvent insolubles dans l'eau, ou ont une insolubilité très faible, or, fait important, le vin est composé à environ 90 % d'eau. Bien souvent, au cours de la vinification, le pesticide est éliminé ; soit il se dégrade durant la vinification, soit il se retrouve dans les précipitations et disparaît avec les soutirages. En fin de vinification, même les pesticides qui pouvaient exister en quantité importante dans le raisin, ne se retrouvent plus du tout dans le vin.    

Les instruments de mesure toujours plus performants, ont-ils faussé un peu le débat ?
Il est certain qu'aujourd'hui on dose à des niveaux beaucoup plus faibles qu'auparavant, et que l'on repère des molécules que l'on croyait absentes. La technologie étant de plus en plus affinée, on s'oriente certainement vers des seuils de détection toujours plus bas. Dans quelle mesure cela est-il souhaitable ? La détection se situe parfois à mille fois en dessous des limites acceptables. On va vers le zéro résidus.
   

Boire des vins bio offre-t-il un intérêt pour la santé ?
Non, parce que les quantités de résidus que l'on trouve dans un vin "classique" sont tellement faibles qu'il n'y a aucun risque pour la santé. L'intérêt de la viticulture biologique se situe donc au niveau de l'environnement et l'on ne peut argumenter que le vin issu de la culture biologique est meilleur pour la santé qu'un vin
classique.



DES POLYPHENOLS EN GELULES ?

Le resvératrol peut être synthétisé.

Pourquoi ne pas l'utiliser comme un médicament ?
"Aux Etats-Unis il existe déjà des marchands de resvératrol qui en vendent sous forme de pilules. En France, on est souvent plus réticent à consommer ce type de produit, peut-être à juste titre. Comme tout médicament, je pense que le resvératrol est une substance très active et il faudrait calculer la posologie, en faisant des essais cliniques. Il y a peut-être des doses à respecter. En outre, le resvératrol est soluble dans l'alcool et non dans l'eau. Le vin, une boisson qui a traversé les âges, en contient peut-être en quantité adaptée. Il s'agit d'une boisson particulière dans laquelle se trouve un équilibre que le vigneron a réussi à mettre au point. En outre, l'action de prévention par l'alimentation semble représenter une meilleure solution pour la santé que de consommer des suppléments, vitaminiques et autres".

Dr Denis Blache  

"Des doses trop importantes de certains produits dans le raisin peuvent entraîner des problèmes de fermentation et donner de mauvais goûts, ce qui n'est pas dans l'intérêt du vigneron".

Magali Grinbaum

"On a réalisé des études bien documentées sur le vin. Pour savoir si ces produits offrent un intérêt pour la santé, il faudrait refaire les mêmes études sur ces polyphénols pris isolément sans apport d'alcool et voir si l'efficacité est identique. Le vin contient des centaines de substances, dont certaines sont encore peu connues. Il est possible qu'il existe dans le vin d'autres substances bénéfiques non encore identifiées. Il me paraît donc trop simpliste de dire aujourd'hui, que puisqu'on a identifié les polyphénols comme ayant une action bénéfique, il suffit de manger des polyphénols".

Dr Herve Robert

"Après la Seconde Guerre Mondiale, les progrès de la recherche scientifique mettent progressivement au service de la médecine allopathique un arsenal de médicaments "chimiques", qui rapidement occultent les remèdes et autres médications naturelles du passé. C'est désormais le règne de la petite pilule qui guérit au moment où le symptôme de la maladie s'exprime. La notion de prévention dans une optique de maintien de la santé, dans lequel s'inscrivait la recommandation de boire du vin des médecins, tombe petit à petit en désuétude... Au XIXe siècle, les scientifiques qui affirmaient, comme
Pasteur, que le vin était bon pour la santé, le faisaient par expérimentation, observation mais aussi par intuition et donc pas conviction personnelle".

Michel Montignac
"Boire du vin pour rester en bonne santé" Flammarion

   

Y a-t-il des substances dans le vin qui pourraient être nuisibles pour la santé ?  

"Pour le plomb, on a divisé le niveau maximal par quatre au cours des 15 à 20 dernières années. En outre, la moyenne des vins français se situe à 70 microgrammes/ litre, alors que le niveau maximal se situe aujourd'hui à 200 ug/l. Il en est de même pour d'autres substances. D'un point de vue hygiénique, les vins sont aujourd'hui mieux élaborés qu'auparavant en ce qui concerne certains contaminants. Les résidus de pesticides sont éliminés pratiquement à 100 %. D'ailleurs, il est interdit de traiter les raisins trois semaines ou un mois avant la récolte. Indéniablement des progrès ont été réalisés sur le plan hygiénique permettant d'arriver à des produits sains".

Dr P.-L. Teissedre

AGENDA
La Phytochemical Society of Europe et le Groupe Polyphénols ont organisé les 14 et 16 avril 1999 à Bordeaux un Symposium consacré au thème "Les polyphénols, le vin et la santé". Organisé par le Professeur Vercauteren, du Laboratoire de pharmacognosie à l'Université Victor Segalen de Bordeaux, ce Symposium international sera articulé autour de trois grands thèmes : les polyphénols et la santé, les polyphénols du raisin au vin, et le vin et la santé.
Secrétaire scientifique :
Professeur Vercauteren
Tél. 05 57 57 12 60 - Fax 05 56 96 09 75



Douze scientifiques / Les maladies cardiovasculaires / L'action antioxydante / Les cancers /
L'espérance de vie / La grande famille des polyphénols / Que boire ? / Le vin et l'alimentation /
Le vin, un produit sain / Quelle diffusion des résultats ? /